AHMED BEN DHIAB A.B.D. PRODUCTION

BEN DHIAB AHMED

celebrazionefestival@alice.it 
 
 



extraits de textes 
 









A.BEN DHIAB
 



I
 
une vie nomade
dans le sel des mots 
le secret des couleurs
les noces de feu  
floraison de tout silence

  
autre naissance
traversée de lumière
mille ans de voyage
dans le corps les veines
et le cerveau inexplorable
du visage du monde

 
recréer limmensité
interroger les jardins de l’esprit

 
vivre combattre
 
souffrance dit l’homme   
seul le poème inachevé
chair dombre et de clarté   
mémoire de la vraie vie
 
rouge vibration
chant immaculé
la vie
celle qui trouve connaît
le lointain la proximité
une parcelle de terre
un carré de ciel
féconds 





II

il y aura toujours une saison de sève
à ta fenêtre
mon ami
abandonne le corps exténué
cloué au blanc
lesprit tricote les nuages
 
splendeur du regard
dans le bleu déraciné
de la bouche nuptiale
 
musique dans la musique

célébration de naître
sédiment
poème
atome
sexe
parfum
lumière
incantation
blessure
ô soleil flamboyant
chausse la mer à nos pieds





III
 
noublions jamais
le rossignol niché dans nos têtes
atome du désir autre alphabet de l’humain
 
n
oublions jamais
l’œil métis dans les fenêtres du songe
les mamelles de jasmin dans la voûte du ciel
le rossignol est voyage du vent
femme de soie crucifiée
rose noire clouée à la chair du soleil
 
noublions jamais juillet
les palmiers les étoiles prosternées
car la mer le basilic la gazelle
sont lovés dans nos yeux
et le chant de blé
sajoute à lécume céleste du sang
 
noublions jamais de retrouver
la maison du voisin
la prière du papillon
leau le pain
mais où est-elle cette maison  
suspendue à nos cils
et le voisin  
mort dans un jardin de lilas
    
noublions jamais
les mères galbées dombre
qui tâtent le pouls du poème
séisme dans les mâchoires de loubli
feu dans nos rivières d
encre
 
noublions jamais la terre
ni lultime baiser furtif
le rossignol est psaume du gardénia
 
et le combat vient de nos rêves





IV

notre terre paradis ou enfer
est la nôtre
poème tragique du firmament
crémation du soleil
linceuls immolés
laissez-la en paix
étreindre les jardins de nos mains
la terre notre terre arabe
corps diamant dans les décombres
visages améthystes cousus à vos rétines
cri insoumis des vivants
chant intemporel du levant
ô lune d’orient
embrassez la terre des prophètes des poètes
terre de miel d’encens de sable
des colombes des chevaux du vent
ô terre insurgée
nous sommes en toi
règne végétal minéral animal
lumière
sur lumière
 









FULGURANCES

 



I 

 

Loin du premier ciel   

 
né dans l’espace du noun 

j’aime au-delà de l’abstraction 

la palpitation de la lettre waw et huwa 

et le chemin  

la soif  

l’oiseau blanc 

don du vide 

greffé dans les yeux du soufi 

loin de mon Orient second 
un cheval de légende 

porte l’orage et la douleur d’autrui 

je parle à deux absences 

El-Maari et Dante 

deux enfers en paradis 

loin du septième ciel 

une constellation d’oiseaux 

rassure les hallucinations du soleil 

 



II

 

Hypnose l’immatériel  

dévore la substance la chair 

douleur qui s’ajoute à la lumière 

le poème 

érosion dans la gorge du silence 

astre amer  

repas de braise 

dans un cerveau en feu 

le poème 

avec lui nous célébrons 

la colère   

de l’aube de chaque victime 

l’agonie des mots 

pour cracher 

le poison le cri  

la fleur de sang 

que tète le peuple du cèdre  

de lEuphrate 

témoin de la marche  

dans la place publique 

le poème  

dévoile dénonce les bouchers 

et les égorgeurs de l’histoire 




III

 

à Ghislain Ripault 

Mon ami l’étrange étranger 

imprévisible veilleur immobile 

arbre de confiance et de partage 

je te vois reconnais  

cri écorché dans les failles les béances 

de l’absurde quotidien 
trous infiltrés dans le silence l’indifférence 

feu dans les artères les veines des mots possibles    

voix jaillissante  

couteaux de lumière  

dans les pores de l’écrit  

de peu de traces  

et l’autre toi-même   

Miles Davis improvise innove  

sur ton ordinateur lyrique  

d’autres exécutions intimes  

celles de l’extravagance des muets  

corps charcutés par tes mots  

accouplés aux angoisses de Bacon  

et aux fantômes de Goya  

étrange étranger  

mon ami  

les cadavres répondent attestent   

que ton regard immatériel dit le monde 

 








 
 
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